Décoratrice d’intérieur : reconversion et formation

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur mon parcours professionnel, soit parce que vous avez, vous aussi, un projet de reconversion, soit simplement par curiosité pour mon métier de décoratrice.

J’ai regroupé ci-dessous vos questions les plus fréquentes : je vous y réponds par mon expérience personnelle, ce n’est donc pas un guide exhaustif ni une recette magique pour devenir décoratrice ! Mais si mon parcours, aussi atypique qu’il soit, peut vous apporter un bout de réponse, de courage, de motivation, alors j’aurai réussi ma mission !

 

 

  • Je faisais quoi, avant ?

Décoratrice n’est pas mon premier métier.

Commençons d’ailleurs par une pointe d’ironie : quand j’avais 16 ans, j’ai envisagé le métier d’architecte d’intérieur. Mais la communication semblait une voie plus raisonnable, qui m’ouvrirait plus de possibilités…

J’ai donc étudié la communication publicitaire à Bruxelles (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai quitté ma France natale). J’ai rapidement écarté le côté « publicité » pour me concentrer sur la communication interne, en travaillant pour 2 grandes sociétés : l’une dans l’édition, l’autre dans la mode. J’ai été chef de projet pendant 5 ans, et bien que j’aimais l’aspect relationnel et organisationnel (psycho-maniaque bonjour) de mon métier, on était loin de la passion que j’ai toujours vu chez mon père notamment, quand il partait travailler le matin. Disons que de cette période-là, une seule chose me manque réellement : les blagues avec les collègues autour de la machine à café.

 

  • Quel a été le déclic?

C’est en achetant notre premier appartement que j’ai mis le doigt dessus. J’ai adoré bricoler et aménager notre duplex, repenser toute la déco et partir de zéro. J’ai toujours été créative et attirée par l’art, mais là j’ai réellement commencé à m’intéresser aux marques de mobilier, aux matières, aux couleurs, à l’histoire du design,… J’ai lu des tonnes de bouquins, feuilleté des piles de magazines, exploré des centaines de sites et vadrouillé dans tous les magasins déco que je croisais sur mon chemin.

J’ai donc tout naturellement décidé de suivre des cours de déco, comme d’autres s’inscrivent à des cours de danse ou de yoga : une activité sympa à faire à côté du boulot.
Mais j’ai trouvé très peu d’organismes qui proposaient des cours de déco. Je cherchais surtout des cours de dessin d’architecture, de couleur et d’histoire de l’art, mais personne ne proposait des cours réguliers pour amateurs passionnés.

J’ai donc doucement migré vers des recherches de formations professionnalisantes, et c’est là que j’ai réalisé que si je voulais, je pouvais changer de métier. Même à 25 ans.
Car on grandit dans une société qui nous formate à faire des études, à être diplômé, à avoir un poste valorisé dans un secteur grandissant, mais au final, on en oublie peut-être le principal : exercer un métier que l’on aime et qui nous fait nous lever le matin avec le sourire aux lèvres et l’excitation d’aller travailler.

 

  • Quelle formation ai-je suivie ?

Petite vendetta mise à part 🙂 j’ai donc commencé une formation à distance en stylisme d’intérieur. J’ai pris 6 mois pour étudier l’énorme classeur reçu par courrier (je précise que j’avais toujours un emploi à temps plein dans la communication à ce moment-là, j’étudiais le soir et le week-end).
Mais une fois mon diplôme en poche… j’ai eu un goût de trop peu. C’était resté évidemment très théorique, or pour le métier créatif et manuel que je visais, j’avais besoin de plus de pratique, de plus de concret.
Par contre, cette formation à distance était le premier pas de ma reconversion, et m’a entièrement confirmée dans mon projet.
(J’ai suivi cette formation auprès du Centre de Formation à Distance, pour 250€.)

Après un été à chercher la bonne école et à envisager tout ce que cela impliquerait, j’ai commencé ma seconde formation en cours du soir en décoration d’intérieur. C’était l’équivalent d’une licence (bac +3) en cours du jour, sauf que tout était condensé en soirée : pendant 3 ans, 3 soirs par semaine, et tout en travaillant la journée, j’ai suivi des cours de dessin technique, d’histoire de l’art et du design, de techniques du bâtiment, de matériaux, de plomberie, d’électricité, de colorimétrie, de lumière, de modélisation 3D, de conception de projet, de gestion, de droit,…
Je ne vais pas vous le cacher, cela implique énormément de travail chez soi, à côté des cours, pour compenser. C’est un vrai bouleversement sur le long terme, et il faut une motivation d’acier pour tenir le coup.
(J’ai suivi cette formation à l’EFP, pour 325€ par année.)

Tout au long de ma formation, et encore maintenant, j’ai également suivi quelques petites formations ponctuelles de quelques heures sur des sujets bien spécifiques, comme la couleur, l’architecture, mais également la gestion d’une entreprise, la communication digitale,… Je trouve qu’il est important de continuer à se former, à s’ouvrir à d’autres perspectives pour évoluer.

 

 

  • Comment j’ai choisi ma formation ?

J’ai comparé plusieurs écoles, leurs programmes, été aux portes ouvertes, discuté avec quelques profs, posé beaucoup (trop) de questions aux secrétariats, évalué les trajets (ce n’est vraiment pas négligeable), le rythme que cela allait m’imposer, à moi et à ceux qui partagent mon quotidien.
C’est un choix relativement personnel, car chaque école a sa propre méthodologie et son approche de l’apprentissage, qui ne convient pas forcément à tout le monde.

 

  • Que m’a apporté ma formation ?

J’y ai évidemment appris énormément de notions théoriques, citées plus haut. Ça m’a donné les armes, les compétences techniques qui sont indispensables pour ce métier. Car bien que le titre de décorateur ne soit pas protégé, ce sont des choses à prendre réellement au sérieux : on doit pouvoir répondre aux questions et demandes techniques d’un client, travailler avec des corps de métier spécialisés, connaître les spécificités des matériaux que l’on conseille, et assurer sa propre responsabilité.

Mais j’y ai également retiré l’assurance et la confiance nécessaire pour exercer ce métier en toute sérénité.

On apprend également beaucoup avec l’expérience, car même si nous avons réalisé beaucoup de projets au cours de ma formation, il n’y a rien de tel que d’être confronté à la réalité, à une vraie problématique, de se retrouver seule face à son client.

 

  • Qu’en est-il du dessin ?

J’ai toujours aimé dessiner, j’ai pris des cours étant petite et je suis donc arrivée en formation avec de bonnes bases. Les cours m’ont apporté quelques techniques supplémentaires, mais surtout beaucoup de pratique et d’entrainement, et c’est cela qui m’a aidé à progresser. C’est en pratiquant qu’on s’améliore, l’expérience est la clé.

Quant au dessin assisté par ordinateur (modélisation 3D), nous avions vu les notions essentielles en cours, et c’est en pratiquant chez moi sur mes projets pendant de longues (longues) heures que j’ai fini par apprivoiser la bête. L’un (la formation) ne va pas sans l’autre (la pratique), mais je vous explique ça plus en détail par ici.

 

 

  • Comment concilier reconversion pro et vie privée ? 

C’est une question un peu personnelle, car chacun a son propre environnement et vit les choses différemment. Mais une reconversion comme la mienne, en cours du soir, et avec une vie déjà bien remplie à côté, demande forcément quelques sacrifices et adaptations.
Car rentrer à 22h, après un réveil à 6h pour travailler sur le blog, une journée entière de boulot avec un patron légèrement irritant, puis 4h de cours à l’autre bout de la ville, sans avoir encore mangé et avec un projet à terminer pour le lendemain : je ne vous cache pas que c’est épuisant. Et si en plus de ça, on ne veut pas sacrifier l’entièreté de sa vie sociale, on réduit forcément un peu ses heures de sommeil.

C’est donc un compromis à faire. C’est comme tout (attention, leçon de vie dans 3, 2, 1…) : rien ne nous arrive tout cuit dans l’assiette, il faut travailler pour obtenir ce qu’on désire réellement. Et dans mon cas, la perspective de faire un travail qui me plaise tellement que je ne le verrai pas comme tel, ç’a été mon moteur.
Ça, et la chance d’être vraiment bien entourée, notamment par S. dont le soutien sans faille a été mon pilier de vie et de survie pendant ces 3 années.

 

  • Ai-je fait un stage ?

Malheureusement, la décoration d’intérieur est un milieu assez fermé, plutôt compétitif, et déjà bien saturé (l’offre est bien supérieure à la demande). J’ai envoyé plusieurs demandes de stage à l’époque, et n’ai eu que des réponses négatives.

Aujourd’hui… je comprends pourquoi.
Un décorateur indépendant n’est au final pas vraiment enclin à recevoir un stagiaire, pour différentes raisons d’organisation, de temps mais aussi de concurrence : développer sa clientèle, sa communication, son fonctionnement interne, ses tarifs,… prend énormément de temps et doit rester strictement personnel.

 

  • Fin de formation : premiers clients ?

Un an avant la fin de ma formation, et après 5 ans de carrière dans la communication, j’ai plaqué mon boulot et j’ai commencé à travailler pour mes propres clients. Je vous en parle plus en détails dans cet article, sur mon métier de décoratrice !

 

signature Noémie blog Pierre Papier Ciseaux déco DIY

Articles Récents

22 Commentaires

  • Aglaé
    24 septembre 2017 9 h 56 min

    Superbe parcours ! Tu as eu bien raison de suivre cette envie que tu avais de faire un métier qui te passionne. Bravo pour ta volonté et tes heures de travail en plus du boulot, pour arriver finalement à ton but… Chapeau !
    et bonne continuation
    Aglaé

    • Noémie Meijer
      24 septembre 2017 10 h 36 min

      merci ! 🙂

  • Laure Anne
    24 septembre 2017 10 h 49 min

    Ma Noémie, je ne pense jamais te l’avoir dit mais tu fais partie de ces personnes que j’admire – presque secrètement. Une personnalité que j’adore – on serait pas copines sinon -, remplie de volonté et sacrément bosseuse, quand on voit ton parcours et l’ensemble des activités que tu exercés et as exercé. Bref, félicitations encore pour ce diplôme amplement mérité ma jolie
    A demain

    • Noémie Meijer
      24 septembre 2017 15 h 18 min

      Moooh t’as fini de me mettre la larme à l’oeil, oui ? Ça me touche beaucoup ma Lalo, merci <3

  • Lucie
    24 septembre 2017 13 h 45 min

    Ton article est super intéressant et inspirant. Je réfléchis déjà à une reconversion (Même si je suis à moins d’1 an de finir les études) mais dans quelques années. Comme toi j’ai voulu faire architecte d’intérieur mais me disant que c’était un secteur trop fermé je me suis dirigée vers d’autres études. En tout cas j’espère vraiment un jour faire de la déco mon métier (Je passe mon temps à lire des articles, me balader dans les magasins de déco… ) ! Hâte de lire ton prochain article 😉

    • Noémie Meijer
      24 septembre 2017 15 h 21 min

      merci 🙂 je reste convaincue qu’on est trop jeunes pour choisir ses études à 18 ans, et qu’avec une société où on nous montre que « tout est possible », on va avoir de plus en plus de personnes reconverties.

      • Lucie
        24 septembre 2017 22 h 32 min

        Totalement d’accord. À presque 24 ans j’ai déjà changé 1 fois si ce n’est même 2.
        En tout cas joli parcours et beaucoup de courage !

  • Agathe B
    24 septembre 2017 18 h 13 min

    Quelle énergie tu as dû mettre dans ces études ! Je te félicite et vraiment je trouve ça fantastique de croire autant en tes rêves ! :p Je suis également en reconversion en tant que décoratrice sauf que je ne vais pas passer de diplôme, je suis entourée d’une architecte et d’une décoratrice qui vont pouvoir me former ! 🙂 Une petite formation Scketchup sera quand même indispensable !!
    En tout cas je te souhaite beaucoup de bonheur dans cette nouvelle voie qui semble être faite pour toi <3
    Agathe

    • Noémie Meijer
      26 septembre 2017 15 h 05 min

      Merci ! Déjà un petit bout de temps que cette nouvelle voie est la mienne et ce n’est que du bonheur 🙂

  • 4murset1toit
    24 septembre 2017 21 h 25 min

    Un plaisir de lire sur un sujet qui me parle de plus en plus! La reconversion n’est jamais facile et pour ma part c’est surtout la peur de se lancer et de ne pas réussir. Merci pour les détails de formations et j’ai hâte de lire ton prochain article dimanche prochain!!!

    • Noémie Meijer
      26 septembre 2017 15 h 03 min

      Merci ! Ce n’est effectivement pas un choix facile, et rien n’est gagné d’avance. On n’a la certitude qu’on a réussi et qu’on a bien fait de se lancer… que quand ça marche et qu’on fini par en vivre réellement ! Mais si on n’essaye pas, on ne saura jamais 🙂

  • Florence
    25 septembre 2017 9 h 24 min

    Super article Noémie! Merci du partage. J’ai moi aussi suivi ma formation au centre de formation à distance. En effet, pas très complète, Je pense peaufiner mes connaissance avec un cursus complémentaire comme tu l’as fait surtout pour le dessin. Belle journée à toi

    • Noémie Meijer
      26 septembre 2017 15 h 01 min

      Merci Florence ! Oui je ne l’ai vraiment pas trouvée assez complète, en tout cas ça manquait cruellement de pratique, pour un métier aussi artistique que celui-ci 🙂

  • Vanessa
    26 septembre 2017 14 h 50 min

    Bonjour Noémie,

    Bravo pour ta reconversion et pour ton blog que je suis secrètement (presque) tous les jours! :p

    J’ai une petite question concernant le choix de ta formation: pourquoi as tu opté pour un diplôme d’ecole (à savoir ta formation en cours du soir) plutôt que le BTS design d’espace qui lui est reconnu « diplôme d’état »?

    Félicitation encore et continue de nous inspirer!

    • Noémie Meijer
      26 septembre 2017 14 h 59 min

      Haha merci 🙂
      Tout simplement parce qu’en Belgique (là où j’habite actuellement) il n’y avait pas de possibilité de suivre un BTS Design d’espace (ou autre diplôme formant au métier d’architecte d’intérieur) en cours du soir. Et je devais bien continuer à subvenir à mes besoins financièrement, donc impossible de quitter mon emploi du jour et reprendre des études en cours du jour pendant 2, 3 ou 5 ans 🙂
      Mon diplôme par contre est bien sûr aussi reconnu par l’Etat, mais ce n’est pas (tout à fait) la même chose qu’un architecte d’intérieur.

  • Neusy Ophélie
    26 septembre 2017 17 h 10 min

    Bonjour Noémie 🙂

    Je suis actuellement en 2ème à l’efp (décoration d’intérieur). Comme toi, j’ai un projet de reconversion et espère pouvoir suivre ton parcours 😀 Effectivement, il faut être motivée et ne rien lâcher ^^ je suis prenante si tu as des conseils à me donner et j’adore ton blog 😉

    Bonne continuation.

    • Noémie Meijer
      28 septembre 2017 6 h 46 min

      Aaah l’EFP 🙂 Profite d’avoir les profs sous la main pour leur poser toutes tes questions, tous les projets du cours d’Atelier sont réellement là où tu vas pouvoir faire tes erreurs et en tirer les leçons. Observe aussi les erreurs des autres, vous êtes tous là pour apprendre ! (Tu as qui comme prof, en Atelier cette année ?)
      Bon courage pour la suite !

  • Lucie
    27 septembre 2017 17 h 55 min

    Ton article me fait beaucoup réfléchir, je suis entrain de faire des études qui n’ont rien avoir avec la deco, mais c’est mon rêve de toujours d’être décoratrice d’intérieure. J’ai une grande passion pour tout ce qui touche à la deco et je réfléchis à peut être me réorienté là dedans mais il est compliquée de chercher des infos ayant aucuns contacts là dedans alors merci pour ton article qui m’aide un petit peu dans mes recherches !

    • Noémie Meijer
      28 septembre 2017 6 h 47 min

      En effet comme je l’explique c’est un milieu très fermé, difficile d’y accéder et d’en tirer quelques infos… mais c’est aussi car c’est un métier très personnel, chacun y apporte sa touche, sa personnalité, sa façon de faire : il n’y a pas de « marche à suivre », il faut se créer son propre univers, sa propre méthodologie 🙂

  • Trackback: Décoratrice d'intérieur : premiers clients, statut et quotidien | Pierre Papier Ciseaux
  • Héloïse
    1 octobre 2017 14 h 49 min

    Je te remercie Noémie pour cet article. Tu as beaucoup de mérite.
    Je t’avoue que cet article me fait un peu peur personnellement où j’ai l’impression de me reconnaitre dans la passion de ce milieu. Je suis actuellement vers la voie d’un BAC + 8 et j’ai l’impression que je m’essouffle (déjà) dans mon domaine.
    Je réfléchis à savoir si ce milieu de la deco n’est pas un effet de mode (avec Instagram et toutes les émissions télé) mais mon esprit créatif était déjà là avant. Compliqué tout ça !
    En tout cas continue comme tu le fais si bien, ton blog est très inspirant.

    • Noémie Meijer
      3 octobre 2017 15 h 29 min

      Merci ! C’est sûr que ce n’est pas un choix à prendre à la légère, une reconversion. Si tu te poses encore la question, c’est peut-être que ce n’est pas (encore) le bon moment 🙂 Bonne continuation à toi en tous cas !

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